Mother! de Darren Aronofsky: Dieu que c’est mauvais!

Mother! de Darren Aronofsky: Dieu que c’est mauvais!
20 septembre 2017 Helene Delaunay

 
  » Mother !  » Le nouveau film de Darren Aronofsky, réalisateur de Black Swan et Requiem for a Dream s’annonçait très noir aux vues de la bande annonce. On a l’habitude avec ce réalisateur d’avoir une atmosphère super glauque, dérangeante et chargée en tension sexuelle mais avec ce film, le réalisateur s’essaye carrément au genre du film d’horreur.

Avec  » Mother ! « , on retrouve les codes de ses films, mais la première partie reste très édulcorée (on n’est pas franchement dérangé), et la deuxième nous dérange mais manque franchement de subtilité.

Jennifer Lawrence est la voluptueuse “mère” filmée uniquement en plan très rapproché (à savoir entre ses sourcils et le haut du menton) ce qui peut donner très vite mal au coeur et une surdose de l’actrice et de son jeu en mode poupée de cire (à l’image de l’affiche). Nos seuls moments de répit sont lorsqu’on peut voir les scènes de sa propre perspective, ou quand la caméra se décolle de son visage pour se focaliser sur ses tétons qui pointent (on sait qu’il l’aime mais bon faut pas exagérer). Bref, je préférais à la limite cela à cette caméra embarquée pendant tout le film.

Jennifer Lawrence in mother!, from Paramount Pictures and Protozoa Pictures.

Je comprends l’argument que cela crée du tremblement à l’image et donc renforce le sentiment de désordre, d’inconfort et réduit notre champ de vision pour mieux nous faire sursauter, mais trop c’est trop. Un manque de subtilité, disais-je.

La première partie de  » Mother ! » film est très lente. Des inconnus viennent squatter la maison de “Mère” et son compagnon (Javier Bardem), qu’elle a si durement rénover de ses propres mains et dont elle souhaite faire “un paradis”. Le moins que l’on puisse dire est que ces intrus manquent de savoir vivre et de considération pour leur hôte féminine. La même idée d’abus est répétée sans cesse sans faire avancer l’intrigue (c’est le cas durant tout le film).

Jennifer Lawrence in mother!, from Paramount Pictures and Protozoa Pictures.

Alors cela permet à notre frustration de monter mais d’être dirigée contre la mise en scène plutôt que contre ce qui se passe à l’écran. On est forcé de regarder à coup de mouvement de caméra à 360 degrés, la passivité de “Mère”. Cela finit par devenir agaçant parce qu’on a envie que quelque chose se passe.

Comme le film est une grande allégorie de la Bible et de notre mère la Terre, le scénario qui tente quand même de s’inscrire dans la réel (du moins la première partie) est assez peu crédible. Donc, on n’est pas totalement embarqué. Peut-être que cela vient du fait que celui-ci lui soit venu “en rêves” et qu’il l’ait écrit en 5 jours plutôt que sur plusieurs années comme pour ses autres films.

*Attention spoilers*

La maison est en fait l’Eden et les squatteurs sont en fait Adam et Eve (Ed Harris et Michelle Pfeiffer), les premières créations de Dieu (Javier Bardem). Les références bibliques sont très nombreuses et une série d’événements assez graves va se produire. Ils détruisent également l’équivalent du fruit défendu et leurs fils nous font une Abel et Caïn (Domhnall et Brian Gleeson qui sont frères à l’écran et dans la vie!)…je vous laisse comprendre. A partir de là, la police aurait dû intervenir, “Dieu” aurait dû être démasqué dans ses intentions égoïstes mais les abus continuent. Et ce sera la même chose jusqu’à la fin.

*Fin des spoilers*

La seconde partie du film consiste à un défilé de redondances en tout genre qui semble durer une éternité. Encore une fois, c’est la même idée répétée et on s’attend à tout ce qui arrive. Au moins cela secoue un peu. C’est comme ci le réalisateur s’était retenu toute la première partie du film pour faire exploser tout ce qu’il avait à outrances pendant la seconde….comme ci il croyait nous surprendre…raté!

Left to right: Javier Bardem and Jennifer Lawrence in mother!, from Paramount Pictures and Protozoa Pictures.

C’est donc un film sur le fait que nous, humains ne respectons rien et détruisons la Terre à coups d’atroces abus incessants (jusque là ce n’est pas forcément faux) et que Dieu est un égocentrique égoïste et odieux, totalement obnubilé par ses créations et le fait d’être adulé. Cette idée nous la sentons depuis les premières scènes. En effet, deux longues heures et quelques minutes plus tard, rien de nouveau est apporté.

On a limite de la peine pour Mère mais on veut surtout que cela s’arrête. Alors peut-être est-ce là une réussite pour le réalisateur de nous déranger en nous montrant à quel point nous sommes vils, mais le manque de subtilité du scénario, la mise en scène grandiloquente ne nous encourage malheureusement pas à nous lancer dans la lutte pour l’environnement. On a juste l’impression que le réalisateur veut nous insulter – et c’est son droit – mais également qu’il se place au dessus du lot. En effet, amoureux de “mère”, créateur du film,  il se prend un peu lui-même pour un dieu et ça, c’est un peu agaçant.

Bref, ça aurait peut-être été plus efficace en court métrage car ce film fait dans la redondance et la surenchère pour combler les défauts scénaristiques.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Aronofsky filme un sujet religieux avec son précédent film “Noé” et qu’il est plutôt décevant…

Jennifer Lawrence in mother!, from Paramount Pictures and Protozoa Pictures.

En résumé, Dieu est un con, l’être humain est sa pire invention et nous devons respecter la Terre. En effet, nous ne sommes que des squatteurs sur un territoire qui ne nous appartient pas. Pas sûre que le film aide la cause… Je conseille plutôt “Before the flood” produit par Dicaprio sur ce sujet.

sidenote: Le fait d’entendre certains langages dans le film et d’en oublier d’autres, donne l’impression que le réalisateur condamne certaines populations en terme de fanatisme religieux ou de pollution de la Terre. Pas sûre que les populations en question apprécie. Moi non plus d’ailleurs.

Les notes sont maintenant sur 10 (et non sur 5)

Performance des Acteurs

Réalisation

Scénario

Bande Originale

Note Finale

Est-ce #DudeChick ?

Nope.

Au fait #Dudechick c’est quoi ?

Regarder la Bande Annonce

Experte des films indépendants. Du sud américain. Avec envolée d'oies sauvages. Et filtre Instagram. #Sundance

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