Maintenant c’est ma vie de Kevin Macdonald

By in Reviews

Après avoir vu la bande d’annonce, je n’étais pas vraiment sûre de ce à quoi je devais m’attendre. C’est justement ce sentiment qui menace le plus le film. C’est du 50/50: soit on apprécie l’effort de vouloir nous plonger dans deux genres différents, soit au contraire, on rejette tout en bloc. En effet, c’est un mélange atypique entre la romance d’adolescents perturbée par la guerre et la violence. Pour faire court, c’est le puissant contraste entre l’intimité émotionnelle paisible et la froideur hostile du monde extérieur. On retrouve ici, le parfait dilemme de la plupart des ados.

Pour ce film, je choisis de voir le verre à moitié plein, car malgré la maladresse, je pense qu’il y a de bonnes intentions. Même si on a aucune surprise au fil de l’intrigue, c’est quand même bien moins léger (pour ne pas dire vide de substance) que ces autoroutes narratives comme Hunger Games ou Twilight et de loin! Pourquoi si prévisible? Parce que le film met plus en avant la recherche visuelle au dépend de l’historie. Il est vrai que le personnage principal (Saoirse Ronan) est un vulgaire stéréotype  au départ pour que son évolution soit fulgurante; celle de la blonde hautaine qui ne connaît rien à vie mais qui va reprendre en main son existence! A sa décharge, je présume qu’il fallait sûrement aller à cet extrême afin d’accentuer la tension dramatique et le contraste avant/ après pour que le tout fonctionne. Encore une fois, c’est maladroit, mais ça a le mérite de soulever les questions existentielles des ados avec plus d’intelligence que le teenage movie moyen.

Pourquoi? Tout d’abord grâce aux jeunes acteurs qui sont largement à la hauteur. C’est d’ailleurs assez bluffant de voir avec quelle facilité Saoirse Ronan s’approprie le rôle, aussi bien avec sensibilité qu’intelligence. De même pour George Mackay, qui m’avait déjà convaincu dans FOR THOSE IN PERIL, même si je pense qu’il est sous exploité dans ce film. II est vrai que certains ralentis sur lui, se tenant debout dans un décor bucolique avec des rayons de soleil traversant cette propriété de campagne sont complètement caricaturaux et ridicules.

Aussi, le rythme du film peut vous détourner de l’histoire. Malgré un rock jeune et punchy en ouverture et un thème principal plein de fraicheur et de sensibilité, il y a des longueurs. En effet, j’ai bien aimé les musiques (Jon Hopkins) qui prennent une place importantes puisqu’elles s’approprient toutes ces scènes contemplatives jouant de lumières, de couleurs ou de malaises. Cependant, des scènes comme celle avec « la vilaine Daisy » qui reste enfermée dans sa chambre alors que tout le monde s’amuse dehors, ou lorsqu’elle fuit la guerre à travers la forêt, se ressentent comme des grandes pauses narratives qui peuvent être rédhibitoires. A croire que la photographie et le cadrage sont trop recherchés pour que l’histoire puisse suivre.

Pour conclure, le film rassemble de bons éléments mais certains pourraient ne pas accepter ses maladresses. Pour ma part, je retiens dans ce film ses intentions, la photographie et les talents. Ils appartiennent à un cinema anglais qui n’a pas peur de sortir des sentiers battus, tel un vent de rébellion et de questionnement qui apporte une réelle fraicheur. Un mélange entre une vision inquiétante à la BLACK MIRROR et apocalyptique comme dans LA ROUTE.

[sixthtype_review post_id= »11903″]

Experte en films de badass et en BONS blockbusters. Le Mainstream a du bon mais pas quand c'est cheap #Oscars

0 Avis

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.