MAD MAX : Retour sur l’univers barré de GEORGE MILLER

MAD MAX : Retour sur l’univers barré de GEORGE MILLER
23 mai 2015 Laura Kressmann

Mad Max en quelques mots c’est:

un monde post-apocalyptique, l’Australie, George Miller, l’imaginaire, les courses poursuites infernales et Mel Gibson…Ceci étant dit, le nouvel opus de cette saga bouscule un peu tout ça rien qu’avec l’introduction d’un nouveau Max joué par Tom Hardy.

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Mais ce dernier film a le mérite de présenter l’univers de Miller à la nouvelle génération qui n’a pas vu ses précédents films tout en proposant une réalisation encore plus aboutie et audacieuse pour les fans déjà conquis. Ce qui est intéressant avec cette nouvelle sortie, c’est l’opportunité incroyable du réalisateur de pourvoir travailler son projet sur plusieurs films et nous proposer alors sa vision avec des moyens et un contexte différents. De 1979 à 2015, il y a du chemin !!

Mais alors est-ce que Mad Max Fury Road est l’évolution d’un concept ou sa totale réinvention? Est-ce ce film, c’est l’espoir caché de faire enfin LE film que Miller a toujours souhaité faire ou bien est-ce une suite, une continuité, une suite logique? Voici mes commentaires en tant que  fan admirative du travail et de l’imaginaire du réalisateur aussi impressionnée par l’expérience visuelle qu’elle a vécu dans la salle obscure.

FURY ROAD

De l’action, de l’action et encore de l’action

Clairement Mad Max Fury Road, c’est de la course poursuite tout du long. Voici un retour aux sources,mad-max-3-1985-01-g où, comme dans le premier film, il s’agit d’un “face à face” entre le bien et le mal en plein désert comme dans les meilleurs westerns. Les 2 derniers étaient plus à propos de la découverte d’une ville triviale, construite sur les vestiges de la désolation, sous la menace permanente de la destruction et du chaos.   Ici il s’agit de fuir tout ça, et de chercher des terres meilleures… Le film est donc un mouvement permanent. Rappelez-vous, dans  Mad Max: Au delà du Dôme du Tonnerre, il faut attendre les 20 dernières minutes du film pour apercevoir la première et seule course poursuite.

Au début du film, Max se demande si c’est lui qui est fou ou si ce sont les autres: et bien la réponse c’est George Miller et son projet. Dites vous que toutes les scènes d’action spectaculaires que vous pouvez voir dans le film sont réalisées par des cascadeurs professionnels et non avec un écran vert. Le générique de fin vous le prouvera (avec la ribambelle de noms de cascadeurs)! Gros défi de tourner un tel film en plein désert tout en assurant la sécurité des cascadeurs, réels acteurs dans le film.fury-roadAussi, le positionnement des caméras est juste impressionnant. C’est là où on s’aperçoit de l’évolution technique et des nouveaux moyens mis à disposition pour ce film comparés aux tous premiers films. Fini le plan de profil et de face du conducteur dans sa voiture, tel un dialogue entre caméras champs contrechamps. Maintenant, Miller nous propose des vues multiples, en 360 degrés, tout en mouvement, grâce à un matériel de pointe adapté. Avec des bras robotisés rattachés à un véhicule, l’équipe du réalisateur peut se faufiler au plus près de l’action, tout en roulant, telle une tour de contrôle qui guide les caméras à distance. Effet garanti, grâce à une incroyable prouesse et maîtrise technique.

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Cela permet de donner le beau rôle à l’action, car filmée au delà des limites techniques, le public vit pleinement l’expérience. C’est l’action, ici souveraine, qui rythme le film. Rythme parfois bousculé avec des scènes accélérées pour forcer le trait. On a donc un enchaînement de scènes d’action qui démarrent en trombe pour aller au sommet et ensuite mourir d’elles-mêmes, de leur mort “lente ». Tel un cycle auto-régulé, les scènes nous donnent un maximum d’action et sont minutées de manière optimale pour retenir toute notre attention. La maîtrise de la mise en scène et du rythme d’un film sont des signes qui ne trompent pas sur le talent d’un réalisateur.

L’angoisse du manque de ressource face à la désolation

En effet, c’est le lien fort entre tous les films. Hypothèse fortement anxiogène; Et si notre monde s’effondrait, impliquant pénurie de ressources et perte de notre confort? Vision qui illustre les menaces faites par les plus fervents écologistes, de l’époque Yé-Yé ou pro-développement durable. Très marqué par la recherche de l’or noir dans ses précédents films (avec le contexte de l’époque rythmé par les chocs pétroliers dès Mad Max 2: le Défi) ici, on va encore plus loin. On enrichit le concept, en parlant de pénurie et de contamination aussi bien de la terre, acide et aride du désert, que celles des corps. Tout est poussière, vestiges, et usé; tout est voué à un destin funeste.

Dans le dernier film, trois ressources, extrêmement symboliques, sont présentes: l’or noir, l’or bleu  et l’or “rouge” (celle du sang pur de Max, prélevé tel un cobaye pour nourrir les War Boys, squelettes fanatiques gangrenés par le cancer). Sans ressource, la vie n’est que survie qui réveille les plus bas instincts et justifie un pragmatisme qui fait froid dans le dos. Immortan Joe, gourou de la citadelle dans Fury Road, l’a bien compris.

mad-max-fury-roadAfin d’être le seul puissant, il menace la foule en associant l’eau à une drogue vicieuse, car y goûter s’est risqué d’en manquer. Dès lors, l’Homme est asservi par la privation. L’Homme n’a plus d’âme. Il est réduit à de la chair – périssable -. Vivants ou plutôt survivants, ici règnent la résignation, la misère et la violence. Et quelle violence! Miller montre au combien le monde est cruel, avec les femmes, qui sont les premières victimes de ce monde de chaos. Dans chacun de ses films, la condition féminine est particulièrement terrifiante. Seule Aunty Entity & Impératrice Furiosa maîtrisent leur destin, mais complètement transformées en guerrières pour s’imposer avec une armure (Tina Turner) ou un bras mécanique (Charlize Theron).

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Mais alors, que reste-t-il quand tout est perdu? De quoi se nourrissent les Hommes? En effet, il faut pouvoir survivre malgré la désolation. Ce n’est pas la pâté pour chien, un scarabée, ou trois goûtes d’eau qui peuvent suffire pour tenir, il faut s’attacher à une (res)source plus spirituelle et affective. L’espoir? la rédemption? ou un fanatisme sans limite? Chacune d’elle est explorée par le réalisateur. Toutes permettent aux personnages Mad Maxiens de puiser en eux une incroyable énergie mais toutes sont sources d’extrêmes souffrances. Aucune n’est une réelle réponse face à ce monde en déperdition. Miller nous condamne à un monde sans ressource mise à part l’ironie de constater: What a lovely day!

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Experte en films de badass et en BONS blockbusters. Le Mainstream a du bon mais pas quand c'est cheap #Oscars

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